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Reprise

Paru dans le numéro N°283 - Avril 2019
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Reprise

Par Alain C. Masquelet dans la catégorie TRIBUNE
Paris, Sorbonne Université

« Il faut reprendre ce patient », « c’est l’indication d’une reprise ».
Ces deux phrases lapidaires, lourdes de sens, nous les connaissons bien. Elles font partie de notre paysage chirurgical, j’oserais dire de notre patrimoine chirurgical.

« Il faut reprendre ce patient », « c’est l’indication d’une reprise ».

Ces deux phrases lapidaires, lourdes de sens, nous les connaissons bien. Elles font partie de notre paysage chirurgical, j’oserais dire de notre patrimoine chirurgical. Elles sont paroles d’initiés au sens où elles créent de la connivence, de l’implicite mais aussi, nous le verrons, du non dit. Prononcées en groupe, elles font courir un frisson d’inquiétude, le même sans doute que l’on pouvait ressentir jadis en entendant le tocsin ; « alerte il y a danger » et là où est le danger, le risque augmente en fonction de l’exposition. Ces expressions recèlent également l’effarante responsabilité de la prise de décision. En chirurgie et notamment dans notre spécialité elles traduisent ou trahissent, en premier lieu, la faillite d’une première intervention.

Avant d’aller plus avant, arrêtons nous un instant sur les mots et leur origine pour admirer les subtilités de la langue française et singulièrement l’existence des préfixes. Le tronc commun des composés préfixés qui nous intéressent est le verbe « prendre » du latin « prendere » qui signifie « saisir ». Le jeu de lego des préfixes permet de construire d’autres verbes avec des sens différents comme apprendre, déprendre, surprendre et naturellement reprendre ie...

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