En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour la bonne gestion de votre compte et de vos abonnements.

Les luxations précoces des prothèses totales primaires de hanche

Paru dans le numéro N°107 - Octobre 2001
Article consulté 1526 fois

Les luxations précoces des prothèses totales primaires de hanche

Par Ch. Delaunay dans la catégorie SYNTHÈSE - MISE AU POINT
Clinique de l'Yvette, Longjumeau-F

La survenue d'une luxation dans les suites de la réalisation d'une arthroplastie totale de la hanche représente une complication invalidante pour le patient et frustrante pour l'opérateur. Sa fréquence en chirurgie primaire est variable selon les auteurs : de 2 à 3% pour Morrey à la Mayo Clinic à 5% dans la revue plus générale de Dennis.

Introduction

La survenue d'une luxation dans les suites de la réalisation d'une arthroplastie totale de la hanche représente une complication invalidante pour le patient et frustrante pour l'opérateur. Sa fréquence en chirurgie primaire est variable selon les auteurs : de 2 à 3% pour Morrey 1 à la Mayo Clinic à 5% dans la revue plus générale de Dennis 2. Dans sa conférence d'enseignement de 1996, Huten 3 rapportait après une très large revue de la littérature une fréquence moyenne de l'ordre de 2 à 3%. Sur les 60.000 prothèses totales de hanche réalisées en France chaque année, 1200 à 1800 patients sont donc confrontés à cette complication.

Si le traitement de la première luxation pose peu de problème, il n'en est pas de même pour celui de sa récidive, qui survient environ 1 à 2 fois sur 3 (Morrey 1, Dennis 2), ainsi que pour la prévention de cette dernière. La nécessité d'une réintervention pour stabilisation prothétique en cas de luxation, rarement incohercible mais surtout récidivante, en fait avec 5% des cas la troisième cause de révision chirurgicale dans la version-2000 du Registre Suédois des Arthroplasties totales de hanche (Malchau et al. 4), certes loin derrière le descellement aseptique (75,7% des causes de révision), mais juste derrière l'infection profonde (7,2%).

Suivant la méthodologie déjà utilisée dans ces colonnes concernant la PTH de Charnley, une recherche des articles publiés ces 10 dernières sur ce sujet a été menée dans 8 revues internationales de chirurgie orthopédique (Journal of Bone and Joint Surgery Américain et Anglais, Clinical Orthopaedics, Journal of Arthroplasty, Revue de Chirurgie Orthopédique, Acta Orthopaedica Scandinavica, International Orthopaedics, Hip International), ainsi que la prise en compte de conférences d'enseignement, communications ou Symposia récemment dédiés à ce problème lors des réunions de la SOFCOT (1996), de la Hip Society (1997, 1998), des Current Concepts (1996, 1997), de l'American Academy of Orthopaedic Surgeons (2000) et de l'European Hip Society (2000).

 

Définition - Limites de l'étude

L'instabilité prothétique après PTH ne se manifeste pas seulement sous la forme d'une luxation complète. Effets cames et subluxations chroniques et/ou spontanément réductibles en sont des manifestations certainement aussi (sinon plus !) fréquentes, mais de diagnostic beaucoup moins évident.

D'autre part, les avis divergent en ce qui concerne le délai de survenue de la première luxation et sa qualification de précoce : dans les 5 premières semaines post-opératoires pour les uns (Dennis 2, Joshi et al. 5) ou dans les 3 premiers mois pour les plus nombreux : Morrey 1, Huten 3, Dorr et al. 6, Paterno, Lachiewicz et al. 7, Pierchon, Duquennoy et al. 8, Woolson et al. 9.

Enfin, cette complication survient beaucoup plus fréquemment en chirurgie de révision qu'en chirurgie primaire : 4,7% versus 3,3% pour Hedlundh et al. 10, 4.7% versus 3.9% pour Turner 11, 7,1% versus 2,9% pour Li et al. 12, et jusqu'à 27% rapporté par Dennis 2.

Dans le cadre de ce travail, l'auteur s'est limité à l'étude des luxations avérées («dislocation» des Anglo-Saxons), survenant dans les 3 premiers mois post-opératoires et uniquement dans le cadre de la chirurgie prothétique primaire de la hanche.

 

Imagerie et biomécanique de la luxation

Le diagnostic clinique de la luxation avérée pose peu de problème devant les déformations, typiques selon sa direction. La radiographie viendra facilement éliminer une fracture de la diaphyse fémorale, rarement associée.

Mais l'imagerie s'avère beaucoup plus décevante en ce qui concerne la prédiction de la luxation et partant, de son éventuelle récidive. La mesure radiographique de l'abduction de la cupule acétabulaire, par rapport à la ligne bi-ischiatique ou par celle passant par le fond des U pelviens, est relativement aisée. Il est par contre beaucoup plus délicat de déterminer l'orientation antéro-postérieure de la cupule. Plusieurs méthodes plus ou moins complexes, toutes basées sur les lois mathématiques de calcul d'une ellipse, sont rapportées par Huten 3 et Pradhan 13. Ce dernier auteur propose une technique de mesure de l'antéversion acétabulaire relativement simple ne nécessitant qu'une calculette (Fig. 1). A partir d'un cliché de face centré sur l'articulation prothétique, la formule finale est la suivante : antéversion = arc du sinus (p : 0,4D) où D = le grand diamètre de l'ellipse de la cupule et p = MA = la distance mesurée sur la perpendiculaire au diamètre D entre le point M (situé au 1/5 supérieur de D) et le point A (intersection entre la perpendiculaire à D passant par M avec le contour externe de l'ellipse).

Figure 1 - Diagramme de la formule proposée par Pradhan (13) afin de calculer l'antéversion de la cupule acétabulaire à partir d'une radiographie simple de la hanche opérée de face stricte.

 

Les mesures sont une chose, mais la corrélation clinique en est manifestement une autre. Dans leur étude radiographique comparant des clichés de face et de profil stricts, Pollard et al. 14 ne purent trouver aucune différence significative entre les mesures d'abduction ou de version acétabulaires de 90 hanches stables et de 7 hanches s'étant luxées. La même constatation fut faîte dans un travail comparatif voisin réalisé à Lille par Pierchon et al. 8 qui ne trouvaient aucune différence significative de positionnement entre les composants de 38 hanches luxées et de 14 hanches stables, étudiées non seulement par radiographie standard, mais aussi au scanner. Ces derniers auteurs en déduisaient que les facteurs musculaires jouaient un rôle prépondérant par rapport à l'orientation des composants. Plus récemment, cette même équipe (Ala Eddine et al. 15) apportaient une explication à l'insuffisance de l'imagerie en comparant des radiographies du bassin de profil strict de patients témoins debouts puis couchés. Le passage entre ces 2 positions entraînait le plus souvent (22 fois sur 24) une antéversion du bassin de 2° à 18°. Dans ces conditions, le scanner réalisé couché minore l'antéversion de la cupule cotyloïdienne (Fig. 2). Ces constatations venaient tempérer les conclusions de leur étude précédente, et les auteurs conseillaient de ne considérer les facteurs musculaires, fréquemment évoqués pour expliquer des luxations de PTH apparemment correctement positionnées d'après l'imagerie, qu'après analyse «plus approfondie» de la position des implants.

Figures 2


a) Scanner de la hanche d'un patient opéré par voie postéro-externe et ayant présenté une instabilité récidivante antérieure de sa PTH. Noter l'antéversion marquée des 2 composants et la came postérieure entre le col prothétique et le bord postérieur de l'anneau vissé.


b) Confirmation sur l'insert en polyéthylène explanté d'une zone postéro-inférieure éculée correspondant au conflit (impingement) responsable.

 

L'équipe de l'Hôpital Ambroise Paré avait élaboré une modélisation mathématique pour tenter de différencier les mécanismes des luxations (Fontes et al. 16). Il se dégageait de ce travail 2 modalités potentielles déterminant des luxations dites «malpositionnelles» par défaut d'orientation, principalement du cotyle, et des luxations par décoaptation musculaire, essentiellement conditionnées par le comportement du muscle moyen fessier en flexion. Cette même équipe confrontait alors leur théorie à la réalité clinique sur 52 hanches luxées par rapport à un groupe témoin de 45 hanches stables. Les auteurs individualisaient alors effectivement 2 catégories de luxations : malpositionnelles pour moitié, plutôt précoces et en rapport avec des orientations cotyloïdiennes incorrectes (antéversion moyenne de 35° pour les luxations antérieures et 11° pour les luxations postérieures, alors qu'elle était de 23° pour les hanches stables) ; et par défaut de coaptation musculaire pour l'autre moitié, toutes plus tardives et postérieures et survenant chez des patients âgés, dénutris, neurologiques, etc ... En fait, cette dualité entre facteurs mécaniques et musculaires est partout retrouvée.

C'est par une étude informatisée tri-dimensionnelle que Robinson et al. 17 ont tenté d'étudier la relation existante entre le secteur de mobilité et l'étendue de la surface de contact d'une articulation prothétique (à partir d'une modélisation d'un cône Morse-12 mm d'une tige Spectron, d'une cupule hémisphérique et d'une bille de 28 mm à col long) en fonction du positionnement des implants. La combinaison d'une horizontalisation de l'implant acétabulaire couplée à de faibles antéversions fémorales et acétabulaires aboutît à de plus larges surfaces de contact, mais aussi à une limitation du secteur de mobilité entre les éléments du couple de friction. C'est aussi à l'aide d'un modèle informatisé tri-dimensionnel (à partir d'une prothèse générique, d'une cupule hémisphérique, d'un cône 12,5 mm, mais de billes variant de 22 à 32 mm) que D'Lima et al. 18 ont démontré qu'une abduction acétabulaire < 45° diminuait le secteur de mobilité en flexion et abduction de la hanche, alors qu'une abduction > 45° diminuait les secteurs d'adduction et de rotation. Les mêmes constatations étaient faites à partir d'une étude sur bassin artificiel par Kummer et al. 19 Ces auteurs concluaient qu'une abduction acétabulaire comprise entre 45 et 55° améliorait simultanément le secteur de mobilité global et la stabilité à condition d'être combinée à des antéversions acétabulaire et fémorale «appropriées» (?), en l'occurrence en deçà de 20°. Une autre étude tri-dimensionnelle menée par Scifert et al. 20 montrait bien que le secteur de mobilité et la résistance maximale au moment luxant postérieur étaient améliorés lorsque la cupule acétabulaire était positionnée horizontalisée et plus antéversée, mais au détriment alors de la résistance au moment de luxation antérieure en position d'extension et d'adduction de la hanche.

Il existe donc un conflit d'objectifs obligeant à la réalisation d'un compromis. L'implication clinique de ces constatations est qu'il existe pour chaque combinaison d'abduction acétabulaire, conditionnée par la couverture osseuse, et d'antéversion fémorale, conditionnée par la géométrie métaphyso-diaphysaire, un secteur d'antéversion acétabulaire optimal (D'Lima et al. 18). En pratique chirurgicale courante, on ne voit pas comment exploiter ces informations autrement que par la conduite systématique de tests de stabilité per-opératoires avec les implants d'essai avant toute fixation définitive des composants.

 

Les fateurs étiologiques

Ils sont nombreux et il est bien évident que la genèse des luxations des PTH est le plus souvent multifactorielle. C'est donc par esprit de clarification qu'à l'instar de Huten 3 et McAukley 21 nous tenterons de classer ces facteurs par catégories, étant bien entendu que de multiples associations sont possibles.

Les circonstances de la luxation

Elles peuvent être traumatiques ou positionnelles. L'interrogatoire fera facilement la part entre une chute, dont il faudra apprécier la violence dans la première hypothèse, et l'activité et l'attitude du patient dans la seconde. Il est évident que le pronostic en ce qui concerne l'éventualité d'une récidive, indispensable pour qualifier une PTH d'instable, sera très différent entre les deux. La survenue d'une luxation à l'occasion d'un malaise ou d'une faute de béquillage quelques jours après l'intervention sera bien souvent un épisode unique en relation avec la fraîcheur de la cicatrisation profonde et la faiblesse du contrôle musculaire, quelle que soit la voie d'abord. A l'inverse, une luxation survenant lors d'un relèvement d'une position assise, ou à l'occasion d'un chaussage ou d'un soin de pieds quelques semaines après l'opération inquiétera d'autant plus que le patient ne semblera pas avoir commis une sévère entorse aux conseils qui n'auront pas manqué de lui avoir été prodigué par l'équipe soignante à l'occasion de son hospitalisation. Ces conseils sont bien évidemment adaptés à la voie d'abord utilisée par l'opérateur. Ce dernier doit personnellement s'engager dans le contrôle de la bonne transmission de ces directives, a fortiori lorsqu'au sein d'une même structure de soin, plusieurs chirurgiens interviennent par des voies différentes, rendant la tâche des kinésithérapeutes beaucoup moins uniforme et les consignes de sécurité éventuellement plus confuses (voire conflictuelles !).

Les facteurs chirugicaux

La voie d'abord

Les voies d'abord permettant l'accès de la hanche pour la réalisation d'une arthroplastie sont nombreuses. Elles peuvent être regroupées en 4 familles : antérieures pures (Hueter et dérivées), antéro-externes (Watson-Jones, Hardinge et dérivées), externes pures (Ollier, Gibson, et trochantérotomies dérivées) et postéro-externe (Moore), la plus univoque. La lecture de la littérature, d'une extrême richesse sur le sujet, laisse le lecteur dans une relative perplexité, tant les facteurs à prendre en considération sont multiples et contradictoires.

En 1982, le travail de Woo et Morrey 22 de la Mayo Clinic indiquait, sur 10.500 PTH, un risque de luxation par voie postéro-externe de 4,3%, soit trois fois supérieur à celui des abords antérieur (1,7%) ou externe (1,9%). Les choses ne semblaient pas avoir fortement changé depuis.

Après l'introduction par Hardinge de sa voie antéro-externe trans-musculaire, celle-ci n'a cessé de se développer et de se modifier, chacun y allant de son tracé fascia-musculaire : Freeman 23, afin de pouvoir conserver le col fémoral, «abductor muscle split» de Mallory 24 (65 PTH primaires, 1,5% de luxation), voie «Oméga» de Learmonth 25, voie de Moskal et Mann 26 (306 PTH primaires, 0% de luxation), voie de Hanssen modifiée par Soni 27 (178 PTH primaires, 128 revues à 6 mois, 0% de luxation), et tout dernièrement la voie de Thomine 28. En ne prenant en considération que le facteur stabilité, les voies antéro-externes sont à l'évidence «royales».

Depuis les années 60, Charnley a toujours plaidé pour la trochantérotomie, et sa «Low Friction Arthroplasty» (LFA) en 22,2 mm a été conçue pour être implantée par cette voie. Les adeptes de la LFA sont restés le plus souvent fidèles à ses recommandations. Cependant, le risque de démontages et de pseudarthroses (3 à 5%, avec 25% de luxations et 50% de réinterventions) par dommages vasculo-musculaires (vaste externe) conduisit l'équipe de Cochin à proposer une trochantérotomie modifiée, postéro-antérieure à 2 pentes (Courpied et al. 29). En Grande-Bretagne, la trochantérotomie antérieure de type «Liverpool» procurait à Menon et al. 30 moins de complications trochantériennes et plus de mobilité, sans augmentation du taux de luxation.

Une comparaison objective entre ces 2 familles de voies d'abord est possible à la lecture de 2 études. Celle de Clarac 31 indiquait un avantage de la voie de Hardinge sur la trochantérotomie, plus luxante du fait des pseudarthroses et plus hémorragique. L'étude randomisée de Horwitz et al. 32 ne révélait pas de différence significative en ce qui concerne le secteur de mobilité, avec 8% de pseudarthroses après trochantérotomie mais plus de calcifications péri-prothétiques avec la voie de Hardinge (constatation d'ailleurs faite par la majorité des auteurs utilisant des voies antéro-externes 24, 26, 27). Pai 33 dans son étude comparative avec la LFA rapportait sur 264 PTH primaires, plus de calcifications avec la trochantérotomie de Liverpool, plus de luxation par trochantérotomie classique et plus de boiterie par voie de Hardinge.

Quant à la voie postéro-externe de Moore, elle procurait à Hedlundh et al. 34 dans leur étude bi-centrique de 3.199 LFAs, 4 fois plus de luxations dans les 2 premières semaines post-opératoires que par trochantérotomie (24/45 versus 8/62), mais à moyen terme, des taux finalement identiques de 3,3% (+/-1,7) pour la voie de Moore et de 3,4% (+/-1,4) pour la trochantérotomie. Une différence nettement plus significative était retrouvée dans le travail de Li et al. 12, avec 5,9% de luxation précoce par voie de Moore versus 0,6% par trochantérotomie. L'auteur se permettra de s'étonner que la différence de protocole post-opératoire, en particulier l'appui différé de 3 à 6 semaines en cas de trochantérotomie alors qu'il est bien souvent immédiat et quasi indolore après voie de Moore, n'ait pas été évoqué dans ces 2 travaux comme potentiellement à l'origine en partie de la plus grande fréquence de luxations précoces après voie postéro-externe. Il est de plus significatif de lire, dans les conclusions du travail de Li et al. 12 que, malgré son taux de luxation précoce extrêmement faible de 0,6%, la trochantérotomie sera finalement abandonnée par cette équipe du fait des 6,2% de pseudarthroses du grand trochanter, constatées secondairement, alors que simultanément le taux de luxation par voie postéro-externe diminuait grâce à l'expérience des opérateurs.

Bien évidemment, on ne peut considérer ces données sans garder à l'esprit les autres éléments qui interviennent à côté du risque de luxation dans le choix d'une voie d'abord. Ainsi par exemple, le risque d'atteinte du nerf fessier supérieur est fréquemment invoqué par les opposants aux voies antéro-externes de Hardinge et dérivées. En fait, si les altérations électriques étaient fréquentes dans l'étude de Kenny et al. 35, aucune différence significative ne put être mise en évidence par électromyographie (EMG) entre voie de Hardinge et trochantérotomie. Ces auteurs suggéraient d'autres causes à la boiterie relativement fréquemment retrouvée après voie de Hardinge, ce que le précurseur lui-même ne manquait pas de relever dans une étude similaire (Minns et al. 36). A l'inverse, l'étude comparative clinique (boiterie) et EMG de Moreschini et al. 37 indiquait beaucoup moins d'altérations électriques, aucune boiterie importante de trendelenbourg et une récupération de la marche beaucoup plus rapide après voie de Moore comparée à celle de Hardinge. Cette aisance post-opératoire procurée plus rapidement après voie postéro-externe joue possiblement un rôle dans la fréquence des luxations chez ces patients plus vite autonomes et peut-être alors moins prudents. Dans la balance, le travail de Webb et al. 38 confirmait l'acquisition d'un positionnement axial antéro-postérieur et d'une qualité de cimentage supérieurs après abord postéro-externe versus un abord trans-glutéal, du fait de la meilleure exposition axiale du fût fémoral par voie de Moore, ce qui était remarqué dans l'étude comparative de Li 12. Mais l'abord postéro-externe expose aussi à un risque de déminéralisation fémorale proximale par réduction de la vascularisation du grand-trochanter qui fait suite au sacrifice des muscles pelvi-trochantériens, en particulier du carré crural dont la conservation est conseillée par Elmaraghy et al. 39.

Ces quelques controverses illustrent bien la complexité du choix d'une voie d'abord de la hanche, et l'adage selon lequel la «meilleure» est celle avec laquelle l'opérateur se sent le plus à l'aise reste certainement encore un argument de poids.

L'orientation des implants

Nous avons déjà détaillé les données théoriques de la littérature concernant l'orientation des implants, en particulier de la cupule acétabulaire. Les séries cliniques étudiant plus particulièrement ce sujet fournissent des informations beaucoup plus contradictoires. Dans l'étude de Paterno et al. 7, qui rend compte de l'expérience personnelle de P.F. Lachiewicz (Chapel Hill, North Carolina), aucune corrélation ne put être mise en évidence entre la version ou l'abduction du composant acétabulaire (de 38 à 57°) et le risque de luxation. A l'inverse, l'étude de Kennedy et al. 40 concluait de manière opposée, en retrouvant une association entre abduction acétabulaire augmentée et risque de luxation. En fait, dans ce dernier travail, le positionnement vertical de la cupule (non-cimentée, de type Mallory-Head dotée de 4 ailettes anti-rotatoires) était conditionné par la nécessité de la «couvrir» au mieux. Cette information complémentaire est bien un reflet de l'imbrication des facteurs, ici entre les nécessités de la technique de pose d'un implant particulier et ses conséquences, non seulement sur la stabilité, mais aussi sur l'usure et l'ostéolyse, ces 2 dernières augmentant dans le travail de Kennedy en cas d'abduction acétabulaire élevée.

De ces expériences découle la notion d'une probable adaptabilité du positionnement des implants selon les anatomies rencontrées. Le recours systématique à des orientations prothétiques stéréotypées ne semble pas judicieux, quelle que soit la voie d'abord utilisée, mais il existe probablement une combinaison d'orientations idéales pour chaque type d'implant utilisé, avec des variations qui sont elles fonction de l'anatomie rencontrée.

L'expérience de l'opérateur

Ce facteur paraît alors d'autant plus logique, tant les combinaisons d'orientation entre les composants sont multiples et variables d'un patient et d'une prothèse à l'autre (Huten 3). En d'autres termes, plus l'opérateur est confronté fréquemment au choix de l'orientation des implants, plus il connaît «sa» prothèse, et plus son «intuition chirurgicale» se confirme à l'usage du temps. C'est ce que semble bien démontrer l'étude de Hedlundh et al. 41. Sur 4230 PTH réalisée dans 3 centres orthopédiques utilisant une voie postéro-externe, le nombre de luxation était multiplié par 2 entre les opérateurs juniors et leurs aînés plus expérimentés. Par opérateur, le taux de luxation diminuait de 50% pour chaque tranche de 10 interventions annuelles, mais se stabilisait au-delà de 30 interventions réalisées par an. A l'inverse, Bernard et al. 42 ne notait pas plus de luxation entre opérateurs juniors et leurs aînés à condition que les premiers soient correctement supervisés par les seconds.

Les facteurs mécaniques

Le calibre du couple de frottement

Il est bien connu que le risque de luxation diminue au fur et à mesure que le calibre de la bille augmente. Inversement, le secteur de mobilité diminue lorsque le calibre de la bille diminue, et ceci se vérifiait bien sur les explants étudiés par Yamaguchi et al. 43. Dans le travail de D'Lima et al. 18, l'amélioration de la mobilité avec l'accroissement du calibre de la bille se vérifiait aussi, mais de façon non linéaire. Ainsi, pour une augmentation de calibre de 4 mm, l'accentuation du secteur de mobilité était plus nette entre 22 et 26 mm qu'entre 28 et 32 mm. La même constatation était faîte par Bartz et al. 44 dans une étude cadavérique et après abord postérieur : de 22 à 28 mm, le secteur de mobilité en flexion augmentait de 5 à 7° avant impingement puis luxation; par contre, aucune amélioration significative n'était mise en évidence en passant de 28 à 32 mm. Krushell et al. 45 démontraient avec la prothèse de Harris-Galante que le secteur de mobilité maximal passait : - en flexion-extension de hanche, de 125° en calibre 22 mm à 137° en 26 mm et 150° en 32 mm ; - en rotation interne maximale à 90° de flexion de hanche, de 9° en 22 mm à 18° en 26 mm et 27° en 32 mm. Mais il est aussi bien connu maintenant que la production des débris d'usure des frictions comportant un insert acétabulaire en polyéthylène augmente avec le calibre de la bille. Là encore, un compromis devait être trouvé aboutissant au développement des frictions en calibre 26 et 28 mm.

Simultanément, la modularité fémorale (cône Morse) permettait d'améliorer la biomécanique de la prothèse (allongement du bras de levier, réglage plus fin des longueurs de membre, possibilité de révisions unipolaires, etc ...). L'apparition de billes à jupe se généralisait chez plusieurs fabricants, permettant de disposer de billes longues, voire extra-longues. Dès 1991, Harris mettait en évidence l'augmentation du risque de luxation avec ces billes longues dont la jupe rentrait en contact avec le rebord acétabulaire beaucoup plus précocément qu'avec des billes standard de calibre équivalent. Dans son travail avec Krushell 45, il retrouvait avec des têtes à jupe une réduction du secteur de mobilité de 15 à 20° en flexion-extension et d'une quinzaine de degrés en rotation interne, hanche à 90° de flexion. Cet effet came précoce majore bien évidemment le risque de luxation (Fig. 3). La confirmation clinique de cet effet péjoratif était a posteriori apportée par l'étude de Hedlundh et Carlsson 46 qui constatèrent de façon fortuite une forte élévation du taux de luxation (> 10%) de prothèses Lubinus SP-2, implants bien connus en Suède et qui jusqu'à présent n'avaient pas donné lieu à des problèmes de stabilité particuliers. L'introduction par le fabricant (Waldemar Link GmbH, Hambourg, D), à l'insu des utilisateurs, d'une bille 28 mm à jupe sur un cône Morse 14-16 à la place de l'habituelle bille en 28 mm standard sur un cône 12-14 mm en était la cause. Ces billes à jupe, couramment utilisées avec les prothèses de Harris, présentaient à moyen terme un autre désavantage : celui d'user plus rapidement les inserts en PE. Dans l'étude de Urquhart et al. 47, l'usure moyenne annuelle du PE, calculée à un recul moyen de 6,1 an (4 à 8 ans), était de 0,17 mm avec des billes à jupe en chrome-cobalt-28 mm alors qu'elle n'était que (!) de 0,12 mm en l'absence de jupe (p = 0,009). La conjonction de ces désavantages conduit à ne pas recommander l'usage courrant de ces billes longues.

Figures 3

 
a) PTH Alloclassic non cimentée à couple de frottement Metasul de première génération avec bille à jupe.


b) Luxation postérieure tardive, 2 ans après l'implantation.


c) Sur un profil précédant la luxation, probable effet came antérieur entre la jupe de la bille et le débord métallique de la cupule de l'insert Metasul (la jupe n'existe plus sur les billes Metasul depuis 1995).

 

Le type d'implant utilisé

Le calibre 22,2 mm de la LFA a universellement séduit du fait de sa bonne résistance à l'usure. Implantée par trochantérotomie, la stabilité initiale est excellente, avec 1,9% de luxation dans l'étude de la Mayo Clinic 22. A moyen terme, ce taux de luxation augmente, essentiellement du fait des complications de la trochantérotomie. Il se situe généralement entre 1 et 3% : 1,7% à Cochin 48, 3% dans les séries de Coventry 49 et de Garcia-Cimbrelo et Munuera 50 ; 3,5% dans l'étude de Hedlundh et al. 34, et rejoignant alors finalement celui de la même LFA implantée par voie de Moore. Ce n'est qu'à Wrightington, la maison-mère de la LFA, que l'on annonce des taux de luxation (précoces ?) inférieurs à 1%, de l'ordre de 0,4% depuis 1971 dans le revue de Joshi et al. 5 Dans une étude multicentrique (5 centres), l'équipe d'Hedlundh 51 constatait finalement qu'avec la bille de 32 mm d'une prothèse Lubinus (2875 hanches), le taux de luxation précoce (2,5%) était identique à celui observé avec la PTH de Charnley (3197 hanches ; 2,4%). Par contre, à plus long terme, le taux de luxations récidivantes était de 45% pour la Lubinus-32 mm et de 65% avec la LFA, ce qui conduisit à réopérer pour instabilité 2 fois plus de LFA que de Lubinus. La discordance entre de ces 2 dernières informations met en évidence l'influence de l'expérience des opérateurs avec certaines prothèses et l'effet de la spécialisation de certains centres.

En fait, le calibre de la bille ne doit pas être considéré de manière isolée. Dans leur étude tridimensionnelle, D'Lima et al. 18 ont déterminé que facteur le plus important en terme de secteur de mobilité de toute friction prothétique est le rapport entre diamètres de la bille et du cône Morse. Ce «Head-Neck Ratio» (HNR) était informatiquement modifié par l'adjonction simulée sur un cône Morse de 12,25 mm angulé à 135°, de billes de 22, 26, 28 et 32 mm. Dans ces conditions le HNR varie de 1,8 (bille de 22) à 2,6 (bille de 32). Pour une augmentation du diamètre du cône de 2 mm (cône de 12-14 versus 14-16 par exemple, ou utilisation d'une bille à jupe de 1 mm d'épaisseur), le secteur de mobilité subit une diminution variant de 1,5 à 8,5° selon la direction du mouvement étudiée. Les opérateurs doivent garder à l'esprit qu'un HNR qui diminue (bille plus petite, cône plus gros) s'accompagne d'une réduction du secteur de mobilité de la prothèse qui sera alors d'autant plus prône à la luxation que le positionnement des implants ne sera pas parfait.

Un autre facteur mécanique à prendre en considération est le bras de levier («offset») du col prothétique. Ce dernier est inhérent à chaque modèle prothétique utilisé. Dans l'étude de Bernard et al. 42, comparant 3 PTHs cimentées en 28 mm utilisées simultanément par la même équipe dans le même département, le taux de luxation précoce variait de 4,9% avec une PTH JRI (Joint Replacement Industry, 304 hanches) à 2,6% avec une PTH Biomet (116 hanches) et à 0% avec la Stanmore (130 hanches ; p < 0,05), sans rapport avec la séniorité des opérateurs où la voie d'abord. Seul, l'offset des implants s'avérait jouer un rôle significatif (p = 0,002), celui de la JRI étant inférieur aux 2 autres.

Enfin, à côté du rapport bille-cône, une autre combinaison interviendrait entre la taille de la bille et celle de la cupule acétabulaire. Deux études cliniques furent présentées par Kelley et al. 52 à la Hip Society en 1998. Une étude prospective montrait que le risque de luxation précoce augmentait avec une bille de 22 mm pour une taille de cupule (sans ciment Trilogy) de > de 56 mm, alors qu'il diminuait avec une bille de 28 mm et des cupules de < 54 mm. Rétrospectivement, sur 308 PTH implantées par voie postéro-externe avec une bille de 28 mm, le taux de luxation rencontré avec des cupules de > 60 mm était de 14%, 3 fois plus élevé que pour les cupules de < 60 mm (4%). Les auteurs reconnaissaient que cette discordance entre tête de 22 mm et cupule de grande taille (> 56 mm) ne se rencontrait pas habituellement avec la LFA, ou les calibres cotyloïdiens se situent le plus souvent entre 40 et 44 mm, l'épaisseur du ciment comblant le vide. Avec des cupules non cimentées, l'acquisation de l'indispensable «press-fit» entre le «metal-back» et l'os sous-chondral fraisé conduit à utiliser fréquemment des cupules de taille > 56 mm. Bien que les hypothèses exposées pour tenter d'expliquer ces constatations soient peu probantes (rôle du recul lié au réattachement capsulaire cicatriciel augmentant sa laxité, discordance manifeste entre le calibre de la tête «naturelle» réséquée et celle de l'implant, augmentation de l'étendue de la surface acétabulaire susceptible à «l'impingement»), ces auteurs, fortement désireux d'utiliser en priorité une tête de 22 mm, proposaient l' algorythme suivant : si cupule de < 50 mm, bille de 22 ; de 52 à 54, bille de 26 ; de 56 à 60, bille de 28 ; et enfin, au-delà de 60, bille de 32 mm.

Les facteurs cliniques

Facteurs liés au patient

Dans son étude personnelle, Turner 11 retrouvait un taux de luxation précoce 2 fois plus important chez la femme que chez l'homme (5,5% versus 2,8%) mais sans corrélation statistique. Un risque augmenté dans le sexe féminin est aussi évoqué par Dennis 2 et McAuley 21 dans leurs revues générales. Par contre, il n'apparaît pas prédominant dans d'autres études, de même que le poids ou l'âge (Huten 3, Paterno et al. 6, Woolson et al. 8). Le seul facteur parfois évoqué est celui de l'alcoolisme chronique (Paterno, McAuley).

Par contre, l'état neuro-musculaire de l'opéré, déjà été évoqué dans les études des équipes de Lille (Pierchon et al. 8) ou d'Ambroise Paré (Fontes et al. 16) est important. L'existence d'un «dysfonctionement cérébral» était le seul facteur significatif retrouvé par Woolson 9 dans sa série personnelle. Dans leur conférence d'enseignement consacrée à l'arthroplastie totale de hanche chez les patients atteints d'une affection neuro-musculaire (Poliomyélite, syndrome de Dawn, myéloméningocèle, paralysie cérébrale, Parkinson, séquelles d'accident vasculaire cérébral), Cabanela et al. 53 invitaient à être particulièrement prudent et à recourir facilement à l'usage d'attelles ou d'appareillages de hanche dans les premières semaines post-opératoires. Hedlundh et al. 54 ont particulièrement étudié ce sujet, entre autre par des tests de stabilité pratiqués chez des patients avec luxation récidivante de PTH par rapport à un groupe témoin. Les premiers présentaient régulièrement des altérations du sens de l'équilibre et de la sensibilité aux vibrations. Enfin, la notion de la compliance des patients et de leur mémorisation des conseils donnés en post-opératoire pour prévenir la luxation a été testée par Evans et al. 55 entre 2 goupes de patients avec PTH, 15 s'étant luxé et 15 sans luxation. Les résultats du test de mémoire à court terme (Folstein) n'étaient pas différents dans les 2 groupes, alors que 2 des patients avec luxation versus aucun des patients stables adoptaient une position à risque lors du test de ramassage d'un objet au sol. Quant à la compréhension des instructions, elle fait intervenir des facteurs sociaux et culturels qui n'ont jamais été étudiés à la connaissance de l'auteur.

Facteurs liés au diagnostic

De même, les avis divergent concernant l'influence potentielle du diagnostic de l'affection de hanche qui a conduit à la réalisation de l'arthroplastie. Aucune corrélation significative n'a pu être mise en évidence par Morrey 1, Paterno et al. 7, Woolson et al. 9, ou McAuley 21. Cependant, la constatation d'un secteur de mobilité particulièrement conservé après réalisation de l'arthroplastie, a été invoquée comme facteur favorisant par Hedlundh et al. 51 et Gregory et al. 56. Ces derniers auteurs constataient un taux de luxation plus fréquent après PTH-LFA pour fracture du col fémoral que pour arthrose primaire. Ils rapportaient aussi une revue des résultats de la littérature (1980-1988) portant sur 7 séries de PTH après fracture du col fémoral, où le taux de luxation variait de 8 à 18%, ce qui est effectivement bien supérieur aux taux habituellement rapportés, tous diagnostics confondus. L'auteur n'a pas retrouvé dans sa revue de la littérature d'autre rapport tentant d'établir une relation entre luxation précoce et secteur de mobilité post- voire pré-opératoire. Dans sa série personnelle de 320 PTH primaires consécutives (voie de Moore, PTH non cimentée Alloclassic), dont 10 (3,1%) ont présenté une luxation précoce (<3 mois), il n'a constaté aucune relation significative entre la survenue d'une luxation et les secteurs de mobilité pré- (Chi2, p = 0,37) ou post-opératoire (p = 0,2).

Dans le même ordre d'idée, pour certains auteurs de la Mayo Clinic (Ortiguera et al. 57), l'ostéonécrose est un diagnostic qui expose plus fréquemment au risque de luxation que le diagnostic de coxarthrose primitive sur l'ensemble de l'évolution (luxations précoces et tardives). Comparant 2 groupes apairés («matchés») de 94 LFA chacun (par trochantérotomie), ces auteurs notaient un taux de luxation de 1% sur coxarthrose et de 7,4% sur ostéonécrose (p < 0,05). Dans sa série personnelle, l'auteur a retrouvé un taux de luxations précoces et tardives (>3 mois) de 12,5% en cas d'ostéonécrose idiopathique (énoliques surtout) et de 3,3% en cas de coxarthrose primitive. Cette tendance nette n'a pas pu cependant atteindre un niveau de signification concluant (p = 0,08). Ce diagnostic d'ostéonécrose recouvre néanmoins plusieurs facteurs de risque déjà évoqués : énolisme et difficultés fréquentes de compliance, secteur de mobilité souvent bien conservé dans les stades III selon Ficat avant la détérioration arthrosique post-nécrotique finale, niveau d'activité élevé. Leur combinaison est sans doute à l'origine de cette tendance luxante qui conduit personnellement l'auteur à être particulièrement vigilant chez ces patients particuliers.

Les traitements curatifs

De la luxation initiale

Le traitement orthopédique avec réduction semble en apparence ne poser aucun problême. Une anesthésie est souvent nécessaire afin d'obtenir une bonne détente musculaire. Les manœuvres sont dérivées de celles décrites dans les réductions des luxations traumatiques de hanches vierges : manœuvre de Allis, par gravité de Stimson, de Bigelow, etc ... Vosburg et al. 58 ont récemment décrit une manœuvre réductionnelle douce, dite technique de Tulsa, où l'anesthésie n'est pas indispensable mais où le contrôle radioscopique est systématique. Ce contrôle sera d'autant plus important avant toute manœuvre si aucun cliché radiographique n'a été effectué en urgence, afin de ne pas passer à côté d'une fracture fémorale associée.

Quelques complications ont cependant été décrites, en particulier l'arrachage de la tige fémorale, soit car non encore ostéointégrée en cas d'implant non cimenté (Friedman 59), ou cimentée si lisse (Staal et al. 60) et/ou descellée (Cordes et al. 61). L'incoercibilité ou l'instabilité immédiate sont aussi possibles, obligeant alors à une reprise chirurgicale pour réduction sanglante. La cause peut en être une incarcération tissulaire (capsule), mécanique (déplacement de la bille sur son cône Morse en cas d'implant modulaire, fragment de ciment) ou musculo-tendineuse si le tendon du psoas se luxe derrière le col prothétique après luxation antérieure (Grigoris et al. 62).

Dans tous les cas, le compte-rendu opératoire de la réduction doit comporter des informations précises concernant : la circonstance de la luxation (traumatique ou positionnelle), sa direction (trop souvent non qualifiée), le mode d'anesthésie, la technique employée, la facilité ou les difficultés de réduction, et les résultats d'un contrôle de stabilité post-réduction détaillant la position luxante et ses amplitudes. Ainsi par exemple, pour l'auteur qui utilise une voie postéro-externe, la constatation sous AG d'une luxation, postéro-supérieure (le plus souvent) se reproduisant pour une rotation interne de moins de 30°à 90° de flexion de hanche est de mauvais pronostic quant à une éventuelle récidive.

En effet, l'existence et le type d'un éventuel traitement complémentaire après réduction devraient logiquement être fonction des constatations faites lors de la réduction. Aucune étude n'a été retrouvée par l'auteur concernant l'efficacité des diverses modalités thérapeutiques appliquées après réduction d'une première luxation sur la prévention des récidives. Les auteurs se contentent le plus souvent de préciser leur traitement habituel : coussin d'abduction, spica (plâtré !), orthèse (genouillère), traction, etc ... L'empirisme, la formation, les contraintes médico-légales (USA, mais depuis !...) semblent bien être les moteurs décisionnels essentiels. Ce sujet n'est pourtant pas anodin, tant nous serions tous intéressés par un algorithme thérapeutique «scientifiquement» élaboré proposant des modalités de prévention efficaces de la récidive. Seule une étude randomisée et multicentrique pourrait aboutir à un tel résultat, ce qui paraît peu réaliste tant les facteurs à prendre en considération sont multiples, nécessitant un nombre important de cas qu'aucun ne saurait souhaiter. L'auteur se contentera de décrire 2 situations extrêmes : une luxation de PTH traumatique, bien stable et ne se reproduisant que pour des attitudes extrêmes lors du test post-réductionnel sous AG, et sans vice de positionnement évident des implants à la radiographie peut probablement n'être laissée au lit que quelques jours avant de reprendre un cours évolutif standard ; à l'inverse, une luxation positionnelle, chez une patiente obèse et laxe, ou dénutrie et cérébralement perturbée, et se reproduisant pour des amplitudes minimes sous AG n'a que peu de chance de ne pas récidiver si aucune précaution post-réductionnelle n'est appliquée.

Le traitement de la récidive

C'est là bien sûr le problème majeur, la récidive transformant la luxation «épiphénomène» en un drame pour le patient et un cuisant échec thérapeutique pour l'opérateur. La luxation devient récidivante dans 30 à 65% des cas selon les séries revues pour cette étude : 39% à la Mayo Clinic (Daly and Morrey 63), 58% pour Li, Ritter et al. 12, 65% pour Hedlundh et al. 10. Si une nouvelle tentative de traitement orthopédique peut être envisagée (récidive traumatique), les auteurs ayant publié sur de sujet s'accordent pour proposer une réintervention chirurgicale au plus tard à la 3ème récidive (Dorr et Wan 6, Hedlundh et al. 10, Daly and Morrey 63). Dorr et Wan 6 ont proposé un catégoriel des traitements des luxations, premières et récidivantes : la catégorie I est une réduction orthopédique efficace ; II, une réopération efficace ; III, une réopération suivie d'une récidive dont le traitement orthopédique est efficace ; et la catégorie IV regroupe les hanches multi-opérées pour luxations itératives et multiples. Ces auteurs insistent dans les catégories III et IV sur l'importance des facteurs musculaires, avec ou sans malpositionnement des composants, qu'ils apprécient par un test d'abduction couché en décubitus latéral, genou légèrement fléchi. Les propositions thérapeutiques sont multiples, fonction des opérateurs, des implants utilisés, de leur orientation, etc ... en fait, de la (des) cause(s) de la luxation qu'il faut tenter de déterminer. Les détailler dans leur totalité serait le sujet d'un travail particulier et ne rentre pas dans le cadre de celui-ci.

Certaines propositions thérapeutiques sont tributaires du type d'implant primaire utilisé et surtout de leur mode de fixation. Ainsi, la modularité acétabulaire est pour l'instant essentiellement l'apanage des cupules non cimentées. Elle présente l'avantage de permettre le recours à des inserts à débord («elevated rim liners») permettant une correction aisée d'un positionnement imparfait du metal-back. Dans la même situation, les cupules fraîchement cimentées doivent être changées ou équipées de butées en PE vissées. Ce procédé fut proposé initialement par Olerud dès 1985, puis adapté par Watson et al. 64 et par Caton et le groupe ACORA (données non publiées). Cette technique de sauvetage s'avéra efficace dans la série de LFA de Güngör et Hallin 65 avec une récidive sur 13 cas de luxation récidivante, mais après un recul de 1 an seulement. Elle ne saurait être proposée systématiquement en première intention, car elle ne met pas à l'abri de complications sérieuses en cas de surcontrainte par effets cames répétés (fracture de vis ou de butée, arrachage, production de débris de PE ou luxation irréductible).

A l'inverse, l'ostéotomie d'avancement du grand trochanter n'est pas praticable avec les implants à fort encombrement trochantérien (plutôt non cimentés). Elle permit à Ekelund66 de stabiliser 17 de ses 21 LFA instables, mais le réattachement trochantérien, déjà potentiellement iatrogène en chirurgie primaire, devient ici encore plus délicat et peut conduire au recours à des plaques-crochet du type Courpied. A l'inverse, au niveau des seules parties molles, les capsulo-myoraphies en paletot du fascia lata peuvent jouer un rôle adjuvant dans tous les cas.

Lorsque l'instabilité persiste, le recours à des implants rétentifs («constrained») est à envisager. Dorr 6 y a recours dès que son test de faiblesse des abducteurs est franchement positif. Plus prudents, Goetz et al. 67 et Anderson et al. 68 conseillent de considérer ces implants, dont le devenir à long terme en ce qui concerne usure du PE et ostéolyse est aléatoire, comme des solutions de sauvetage quant tout a déjà échoué. L' échec de la rétentivité est tout de même encore possible ; 2 sur 55 (4%) dans la série multicentrique de Goetz, 6 sur 21 (29%) dans la série de Anderson. De plus, en cas de récidive de la luxation avec ce type d'implants, la réduction ne peut être que sanglante comme en témoignent Kaper and Bernini 69.

Les prothèses bipolaires peuvent être ici considérées comme des PTH rétentives dont le composant acétabulaire est mobile dans la cavité cotyloïdienne. Elles ne peuvent cependant aboutir régulièrement à un bon résultat clinique du fait des douleurs fréquentes liées au frottement de la cupule métallique dans un os acétabulaire déjà fortement remanié par les séquelles de l'ablation de l'implant acétabulaire de la PTH initiale. Cette arthroplastie de sauvetage permit tout de même à Parvizi et Morrey 70 de stabiliser 25 hanches sur leur série de 27 PTH instables.

Le recours à une variante tri-polaire fut publié pour la première fois en 1994 par l'équipe d'Amstutz aux USA (Grigoris et al. 71), avec 8 succès sur 8 utilisations sur PTH instables. L'idée originale de Bousquet avait déjà fait alors son chemin en France, et un an plus tard seulement, Leclercq et al. 72 publiaient une série de 13 succès cliniques en termes de stabilité sur 13 implantations (après 1 re-luxation traitée orthopédiquement). Réactualisée en 1999, cette même série 73 comportait 19 cas avec le même succès à un recul moyen de 3,3 ans.

Enfin, signalons l'intéressante et courageuse proposition de Clough et Hodgkinson 74 qui, dans les cas désespérés, n'hésitent pas à retirer totalement les implants de leur LFA par trochantérotomie avec excision de la pseudocapsule, puis à reprothéser la hanche par la même voie et le même type d'implant environ 8 semaines plus tard en comptant sur la rétraction des parties molles permises durant la phase de résection pour stabiliser définitivement la PTH.

Il est enfin rassurant de savoir que, quel que soit le traitement de la luxation récidivante, son efficacité était corrélée avec une survie de la prothèse qui rejoignait celle des implants stables d'emblée, du moins dans l'étude de Li et al. 12.

 

Les traitements préventifs

Dans leur étude de 2.050 PTH LFA par trochantérotomie, le taux de succès de différents procédés pratiqués sur les hanches instables n'étant que de 51%, Garcia-Cimbrelo et Munuera 50 insistaient particulièrement sur la nécessité d'un traitement préventif, basé essentiellement sur une technique chirurgicale minutieuse. La prévention de la luxation initiale reste bien entendu l'objectif de tous. Pour ce faire, la littérature propose diverses voies.

Les modification d'implants

L'école de Harris (Krushell et al. 45) suggère en cas d' instabilité constatée en per-opératoire : le recours à une bille à col long (toujours possible, mais danger en cas de bille à jupe) ; l'utilisation de billes en calibre 32 mm (si la taille de la cupule le permet, et que faire si une cupule de calibre < 32 vient d'être fraîchement cimentée) ; ou en désespoir de cause, la réorientation des implants. Cette dernière est relativement facile en cas de fixation non cimentée lorsque des tests de stabilité ont été pratiqués avec les implants d'essai avant la fixation des implants définitifs. Cette situation est beaucoup plus délicate en cas de fixation cimentée, les essais avec les implants non fixés n'étant pas fiables.

Les inserts à débord sur-élevé

Ils furent introduits dès les années 70 par Charnley avec sa cupule «long posterior wall» (LPW). Cette dernière est encore régulièrement utilisée, en particulier à Wrightington, avec un apparent succès (Joshi et al. 5). En opposition, Murray 75 n'y trouvait pas d'avantage, en termes de stabilité, sous réserve que la cupule LFA standard soit antéversé de 5°supplémentaires par rapport à une LPW. Par contre, par une étude d'explants de cupules LPW, cet auteur insistait déjà sur les inconvénients d'un PE sur-élevé : précocité de «l'impingement» (de 30%) et augmentation des forces d'arrachement à l'interface ciment-os, d'où un risque de descellement potentiellement accru. Cependant, de nombreux fabricants, désireux de satisfaire une clientèle chirurgicale soucieuse de limiter le risque de luxation, introduisaient sur le marché des inserts sur-élevés, essentiellement destinés à être insérés dans des cupules métalliques non cimentées. Encore une fois, les travaux expérimentaux pratiqués au laboratoire de Harris lui permirent de vérifier que l'utilisation d'inserts à débord en PE réduisait de façon significative le secteur de mobilité global de PTH en 28 mm (Krushell et al. 76). Il ne recommandait pas l'usage systématique de ces implants à débord en chirurgie primaire, conseillant plutôt de les réserver aux cas d'instabilité due à un mauvais positionnement acétabulaire, soit de cupules métalliques non cimentés parfaitement ostéointégrés, soit cimentés non descellées. L'équipe de la Mayo Clinic s'est fortement intéressée à ces inserts à débords surélevés (Cobb et al. 77, 78). Ces auteurs constataient que l'avantage significatif (p = 0,001) observé en termes de stabilité en chirurgie primaire entre les inserts à débord (2,2% de luxation) et les inserts standards (3,85%), ne se confirmait pas à plus long terme (effectif faible). Surtout, ils reprenaient à leur compte les critiques déjà émises par Murray 75 sur la limitation des amplitudes et le surmenage des encrages, en y ajoutant un effet péjoratif sur l'usure du PE. Cette équipe conseillait finalement de réserver ces implants à la chirurgie de révision, ou leur effet stabilisateur plus net (2 fois moins de luxations) pouvait contrebalancer leurs inconvénients sur la longévité. En France, la même réserve était conseillée par Nourissat et al. 79 qui ne reconnaissait pas à ces inserts à débord le pouvoir de pallier les défauts de positionnement d'un implant et les éventuelles insuffisances de la technique opératoire.

Les croissants anti-luxation

Dans le même ordre d'idée, les utilisateurs de cupules cimentées tout-PE trouveront avec les butées en PE vissées un moyen de stabiliser leurs hanches sans nécessité de recourir à une révision iatrogène d'une cupule cimentée non descellée mais malpositionnée.

Les plasties et sutures capsulo-musculaires

Par contre, les utilisateurs de la voie postéro-externe trouvèrent ces dernières années quelques motifs de satisfaction grâce au recours à des techniques de sutures capsulo-ligamentaires soigneuses. Les études arthrographiques de Miki et Masuhara 80 ont montré que la pseudocapsule cicatricielle est absente dans les luxations précoces, présente dans les tardives (d'où leur pronostic différent) et susceptible de se (re-)constituer en 6 à 8 semaines : elles suggèrent bien l'intérêt préventif de la reconstitution capsulaire en fin d'intervention. En 1996, Scott 81 proposait aux Current Concepts sa technique personnelle consistant à suturer un volet de capsule postérieure conservée au bord postérieur du tendon du muscle moyen fessier : son taux de luxation de 4%, toujours constant après plus de 20 années de pratique tombait depuis à 0% ! Une suture capsulaire plus «anatomique» était recommandée par Pellici, Poss et al. 82 avec un succès commun aux 2 opérateurs : réduction du taux de luxation de 4% à 0% pour l'un et de 6,2% à 0,8% pour le second. Avec la même technique, Nourissat et le groupe ARTRO 79 voyaient leur taux de luxation après voie de Moore tomber à moins de 1%. L'efficacité de cette capsulorraphie postérieure se voyait confirmée dans l'étude randomisée de Chiu et al. 83, qui relevaient un taux de luxation en chirurgie primaire de 0% avec capsulorraphie (96 hanches) versus 2,3% sans suture capsulaire (84 hanches). La même efficacité était rapportée dans le travail de De Buttet et Pasquier 84, avec un taux de luxation qui passait de 11,8% avec capsulectomie (22 luxations sur 186 PTH) à 0,6% après suture capsulaire (1/174). Enfin, la même efficacité vient d'être rapportée par Ko et al. 85 sur la prévention des luxations postérieures après hémiarthroplastie pour fracture du col fémoral, avec un taux de luxation passant de 1,9% à 0% depuis l'utilisation d'une suture capsulaire en paletot empruntée à Krackow.

Dans l'expérience personnelle de l'auteur, qui utilise ces techniques depuis début 1997, la même efficacité a pu se vérifier, avec un taux de luxation précoce (< 3 mois) de 4,6% (10 sur 218 PTH primaires) avant 1997 réduit à 0,7% (1 sur 144) depuis 1997. Ce taux devient similaire à celui de 0,8% récemment annoncé par Mallory et al. 86 avec leur abord antéro-externe «abductor split». Il est à noter enfin que les travaux anatomiques de l'équipe de Ganz de Berne (Beck et al. 87) ont souligné le rôle de coaptateur et de stabilisateur de la hanche joué par le muscle petit fessier, dont la conservation ou la réparation auraient un rôle préventif sur la luxation postérieure en lui permettant de conserver son effet de limitation d'une rotation interne excessive.

La navigation par ordinateur assisstée

Aucun progrès significatif ne saurait être possible en cas de malpositionnement sévère des implants. Déjà en 1990, McCollum et Gray 88 avaient tenté d'améliorer le positionnement acétabulaire à partir d'une radiographie de profil de la hanche à opérer prise debout et centrée sur le grand trochanter. Ils y repéraient la ligne joignant la grande échancrure et l'épine iliaque antéro-supérieure et son orientation angulaire par rapport à l'horizontale. Par voie postéro-externe, ces auteurs cherchaient à positionner leur cupule avec une flexion angulaire de 10° supérieure à celle déterminée en pré-opératoire. Un espoir dans l'obtention d'une orientation régulièrement optimale quelles que soient la prothèse, la voie d'abord, l'expérience chirurgicale de l'opérateur ou le terrain, réside probablement dans la mise au point d'un repérage spatial informatisé per-opératoire de l'anatomie de la hanche sur table. Les premiers travaux sur ces futurs systèmes d'imagerie par navigation guidée («Hip Nav») sont prometteurs (DiGioia et al. 89). Ils permettent d'espérer améliorer encore la stabilité de nos hanches prothésées, pour l'instant encore trop régulièrement conditionnée par une intuition «nasalement assistée» («Hip Nose»).

 

Conclusions

La littérature n'est souvent le reflet que de l'expérience de quelques auteurs ayant beaucoup publié sur le sujet (Morrey, Hedlundh, Harris) ou de quelques grands centres hautement spécialisés (Mayo Clinic, Wrightington, Cochin, Boston Mass General, etc ...). Elle permet cependant à chacun de s'évaluer et de tenter de diminuer la fréquence de cette redoutable complication dans sa propre pratique.

A la lumière de cette revue et de son expérience personnelle, l'auteur se permettra quelques suggestions et propositions qu'il livre très humblement à la réflexion du lecteur.

Avant l'intervention

Attention à la laxité naturelle et aux hanches bien mobiles (nécroses non encore arthrosiques, fractures sur hanches «saines»).

Information du patient sur le risque et sa fréquence (2 à 4%) en insistant sur le fait que la stabilité doit passer avant l'égalité de longueur des membres.

En salle d'opération

Examen sous anesthésie de la mobilité résiduelle réelle de la hanche opérée, éventuellement rapprochée de celle de la hanche contro-latérale si cette dernière est saine ;

Appréciation per-opératoire de l'orientation «naturelle» de la cavité acétabulaire et de la version du col fémoral par rapport à l'axe fémoral (jambe-fléau, genou fléchi) ;

Garder à l'esprit les modifications de l'orientation du bassin selon la position du patient : antéversion pelvienne en décubitus dorsal, délordose et obliquité du bassin en l'absence des appuis à arthrodèse en décubitus latéral ;

Ajouter de l'antéversion par voie postérieure, rester plus «anatomique» par voie antérieure ;

Contrôler la stabilité avec les râpes et les inserts d'essai avant la fixation définitive des implants ;

Réserver le recours aux inserts à débord de première intention aux instabilités per opératoires non correctibles (chirurgie de révision) et au traitement chirurgical des luxations récidivantes ;

Suturer la capsule et réinsérer tout ou partie des rotateurs externes après abord postéro-externe.

Après l'intervantion

Conseils répétés au patient et vérification de leur compréhension ;

Se méfier tout particulièrement des attitudes féminines en position assise après voies postéro-externes.

En cas de luxation

Apprécier et détailler dans le compte-rendu opératoire de la réduction sous anesthésie : les circonstances et le sens de la luxation, le secteur de mobilité, la position luxante et le degré de rotation nécessaire pour reproduire la luxation.

Ces informations sont fondamentales pour évaluer le risque de récidive et prendre en ce cas les bonnes orientations thérapeutiques afin de permettre au patient de retrouver la confiance indispensable à l'obtention d'un bon résultat final de sa hanche opérée.

 

Bibiliographie

1 - MORREY F.B.: Difficult complications after hip joint replacement. Dislocation. Clin Orthop, 344, 1997, 179-187.

2 - DENNIS D.A.: Dealing with dislocation. 13th Annual Current Concepts in joint replacement proceedings, December 11, 1997, Orlando, Florida, 59.

3 - HUTEN D.: Luxations et subluxations des prothèses totales de hanche. Conférences d'enseignement de la SOFCOT 1996, éd. sous la dir. de Jacques Duparc, Expansion Scientifique Française, Cahiers d'enseignement de la SOFCOT; 55, 19-46.

4 - MALCHAU H., HERBERTS P., SÖDERMAN P., ODEN A.: Prognosis of total hip replacement. Update and validation of results from the Swedish National Hip Arthroplasty Registry 1979-1998. Scientific exhibition presented at the 67th Annual Meeting of the American Academy of Orthopaedic Surgeons, March 15-19, 2000, Orlando, USA.

5 - JOSHI A., LEE C.M., MARKOVIC L., VLATIS G., MURPHY J. C.M.: Prognosis of dislocation after total hip arthroplasty. J Arthroplasty, 13, 1, 1998, 17-21.

6 - DORR L.D., WAN Z.: Causes of and treatment protocol for instability of total hip replacement. Clin Orthop, 355, 1998, 144-151.

7 - PATERNO S.A., LACHIEWICZ P.F., KELLEY S.S.: The influence of patient-related factors and the position of the acetabular component on the rate of dislocation after total hip replacement. J Bone Joint Surg, 79-A, 8, 1997, 1202-1210.

8 - PIERCHON F, PASQUIER G, COTTEN A, FONTAINE C, CLARIS- SE J, DUQUENNOY A.: Causes of dislocation of total hip arthroplasty. CT study of component alignment. J Bone Joint Surg, 76-B, 1, 1994, 45-48.

9 - WOOLSON S., RAHIMTOOLA Z.O.: Risk factors for dislocation during the first 3 months after primary total hip replacement. J Arthroplasty, 14, 6, 1999, 662-668.

10 - HEDLUNDH U., SANZEN L., FREDIN H.: The prognosis and treatment of dislocated total hip arthroplasties with a 22mm head. J Bone Joint Surg, 79-B, 1997, 374-378.

11 - TURNER R.S.: Postoperative total hip prosthetic femoral head dislocations. Incidence, etiologic factors, and management. Clin Orthop, 301, 1994, 196-204.

12 - LI E., MEDING J.B., RITTER M;, KEATING E.M., FARIS P.M.: The natural history of a posteriorly dislocated total hip replacement. J Arthroplasty, 14, 8, 1999, 964-968.

13 - PRADHAN R.: Planar anteversion of the acetabular cup as determined from plain anteroposterior radiographs. J Bone Joint Surg, 81-B, 1999, 431-435.

14 - POLLARD J.A., DAUM W.J., UCHIDA T.: Can simple radiographs be predictive of total hip dislocation. J Arthroplasty, 10, 6, 1995, 800-804.

15 - ALA EDDINE T, CHANTELOT C, BODEN B, MONNIN C, MIGAUD H, DUQUENNOY A.: Equilibre pelvien et mesure tomodensitométrique de la position d'une cupule de prothèse totale de hanche. Rev Chir Orthop, 85 (Suppl III), 1999, 113.

16 - FONTES D, BENOIT J, LORTAT-JACOB A, DIDRY R.: La luxation des prothèses totales de hanche.1/ Modélisation mathématique, approche biomécanique; 2/ Validation statistique à propos de 52 cas. Rev Chir Orthop, 77, 1991, 151-170.

17 - ROBINSON R.P., SIMONIAN P.T., GRADISAR I.M;, CHING R.P.: Joint motion and surface contact area related to component position in total hip arthroplasty. J Bone Joint Surg, 79-B, 1997, 140-146.

18 - D'LIMA D.D., URQUHART A.G., BUEHLER K.O., WALKER R. H., COLWELL C.W. : The effect of the orientation of the acetabular and femoral components on the range of motion of the hip at different head-neck ratios. J. Bone Joint Surg., 82-A, 3, march 2000, 315-321.

19 - KUMMER F.J., SHAH S., IYER S., DiCESARE P.E.: The effect of acetabular cup orientations on limiting hip rotation. J Arthroplasty, 14, 4, 1999, 509-513.

20 - SCIFERT C.F., BROWN T.D., PEDERSEN D.R., CALLAGHAN J.J. : A finite element analysis of factors influencing total hip dislocation. Clin Orthop, 355, 1998, 152-162.

21 - McAULEY J.P.: Evaluation of the unstable total hip arthroplasty. Adult re-construction hip symposium. Proceedings of the 67th Annual Meeting of the American Academy of Orthopaedic Surgeons, March 15-19, 2000, Orlando, Florida, 59.

22 - WOO R.Y.G., MORREY B.F.: Dislocation after total hip arthroplasty. J Bone Joint Surg, 64-A, 1982, 1295.

23 - STEPHENSON P.K., FREEMAN M.A.R.: Exposure of the hip using a modified anterolateral approach. J Arthroplasty, 6, 2, 1991, 137-145.

24 - FRNDAK P.A., MALLORY T.H., LOMBARDI A.V, Jr.: Translateral surgical approach to the hip. The abductor muscle «split». Clin Orthop, 295, 1993, 135-141.

25 - LEARMONTH I.D., ALLEN P.E.: The Omega lateral approach to the hip. J Bone Joint Surg, 78-B, 4, 1996, 559-561.

26 - MOSKAL J.T., MANN J.W.: A modified direct lateral approach for primary and revision total hip arthroplasty. A prospective analysis of 453 cases. J Arthroplasty, 11, 3, 1996, 255-266.

27 - SONI R.K.: An anterolateral approach to the hip joint. Acta Orthop Scand, 68, 5, 1997, 490-494.

28 - THOMINE J.M., DUPARC F., DUJARDIN F., BIGA N.: Abord transgluteal de hanche par hémimyotomie antérieure du gluteus medius. Rev Chir Orthop, 85, 5, 1999, 520-525.

29 - COURPIED J.P., DESPORTES G., POSTEL M.: Une nouvelle trochantérotomie pour l'abord postéro-externe de la hanche. 330 interventions avec abord arciforme postérieur, trans-osseux et para-musculaire. Rev Chir Orthop, 77, 1991, 506-512.

30 - MENON P.C., GRIFFITHS W.E.G., HOOK W.E., HIGGINS B.: Trochanteric osteotomy in total hip arthroplasty. Comparison of 2 techniques. J Arthroplasty, 13, 1, 1998, 92-96.

31 - CONNAULT P., GAYET L.E., MERIENNE J.F., PRIES P., CLARAC J.P.: Arthroplastie totale de hanche par voie de Hardinge et par trochantérotomie: résultats comparés sur 200 cas.

32 - HORWITZ B.R., ROCKOWITZ N.L., GOLL S.R., at al.: A prospective randomized comparison of two surgical approaches to total hip arthroplasty. Clin Orthop, 291, 1993, 154-163.

33 - PAI V.S.: A comparaison of three lateral approaches in primary total hip replacement. International Orthopaedics, 21, 1997, 393-398.

34 - HEDLUNDH U., HYBBINETTE C-H., FREDIN H.: Influence of surgical approach on dislocations after Charnley hip arthroplasty. J Arthroplasty, 10, 5, 1995, 609-614.

35 - KENNY P., O'BRIEN C.P., SYNNOTT K., WALSH M.G.: Damage to the superior gluteal nerve after two different approaches to the hip. J Bone Joint Surg, 81-B, 6, 1999, 979-981.

36 - MINNS R.J., CRAWFORD R.J., PORTER M.L., HARDINGE K.: Muscle strength following total hip arthroplasty. A comparison of trochanteric osteotomy and the direct lateral approach. J Arthroplasty, 8, 6, 1993, 625-627.

37 - MORESCHINI O., GIORDANO M.C., MARGHERITINI F., CHIATTI R.: A clinical and electromyographic review of the lateral and postero-lateral approaches to the hip after prosthetic replacement. Hip International, 6, 1, 1996, 40-47.

38 - WEBB J.C.J., BANNISTER G.C.: Comparison of femoral component position in posterior and lateral approaches to the hip. Presented at the Annual European Hip Meeting, June 2000, Bristol, England.

39 - ELMARAGHY A.W., SCHEMITSCH E.H., WADDEL J.P.: Greater trochanteric blood flow during total hip arthroplasty using a posterior approach. Clin Orthop, 363, 1999, 151-157.

40 - KENNEDY J.G., ROGERS W.B., SOFFE K.E., SULLIVAN R.J., GRIFFEN D.G., SHEEHAN L.J.: Effect of acetabular component orientation on recurrent dislocation, pelvic osteolysis, polyethylene wear, and component migration. J Arthroplasty, 13, 5, 1998, 530-534.

41 - HEDLUNDH U., AHNFELT L., HYBBINETTE C-H., WECKSTRÖM J., FREDIN H. : Surgical experience related to dislocations after total hip arthroplasty. J Bone Joint Surg, 78-B, 1996, 206-209.

42 - BERNARD J., GEYER M., RICKETTS D., PATTERSON M.: Dislocation in total hip replacement - A comparison of 3 prostheses. J Bone Joint Surg, 82-B (SUPP 1), 2000, 79.

43 - YAMAGUCHI M., AKISUE T., BAUER T.W., HASHIMOTO Y.: The spatial location of impingement in total hip arthroplasty. J Arthroplasty, 15, 3, 2000, 305-313.

44 - BARTZ R.L., NOBLE P.C., KADAKIA N.R., TULLOS H.S.: The effect of femoral component head size on posterior dislocation of the artificial hip joint. J Bone Joint Surg, 82-A, 2000, 1300-1307.

45 - KRUSHELL R.J., BURKE D.W., HARRIS W.H.: Range of motion in contemporary total hip arthroplasty. The impact of modular head-neck components. J Arthroplasty, 6, 2, 1991, 97-101.

46 - HEDLUNDH U., CARLSSON A.S.: Increased risk of dislocation with collar reinforced modular heads of the Lubinus SP-2 hip prosthesis. Acta Orthop Scand, 67 (2), 1996, 204-210.

47 - URQUHART A.G., D'LIMA D.D., VENN-WATSON E., COLWELL C.W., WALKER R.H.: Polyethylene wear after total hip arthroplasty: the effect of a modular femoral head with an extended flange-reinforced neck. J Bone Joint Surg, 80-A, 11, 1998, 1641-1647.

48 - POSTEL M., KERBOULL M., EVRARD J., COURPIED JP.: Total hip replacement, Springer-Verlag, Berlin, 1987.

49 - COVENTRY M.B., BECKENBAUGH R.D., NOLAN D.R., ILSTRUP D.M.: 2012 total hip arthroplasties: a study of postoperative course and early complications. J Bone Joint Surg, 56-A, 1974, 273.

50 - GARCIA-CIMBRELO E., MUNUERA L.: Dislocation in low-friction arthroplasty. J Arthroplasty, 2, 1992, 149-155.

51 - HEDLUNDH U., AHNFELT L., HYBBINETTE C-H., WALLINDER L., WECKSTRÖM J., FREDIN H.: Dislocations and the femoral head size in primary total hip arthroplasty. Clin Orthop, 333, 1996, 226-233.

52 - KELLEY S.S., LACHIEWICZ P.F., HICKMAN J.M., PATERNO S.M.: Relationship of femoral head and acetabular size to the prevalence of dislocation. Clin Orthop, 355, 1998, 163-170.

53 - CABANELA M.E., WEBER M.: Total hip arthroplasty in patients with neuromuscular desease. J Bone Joint Surg, 82-A, march 2000, 426-432.

54 - HEDLUNDH U., KARLSSON M., RINGSBERG K., BESJAKOV J., FREDIN H.: Muscular and neurologic function in patients with recurrent dislocation after total hip arthroplasty. A matched controlled study of 65 patients using dual-energy X-ray absorptiometry and postural stability tests. J Arthroplasty, 14, 3, 319-325.

55 - EVANS M, BANNISTER G, BUCKINGHAM R.: Hip dislocation memory defects. European Hip Society meeting, Bristol, 1-4 juin 2000.

56 - GREGORY R.J.H., GIBSON M.J., MORAN C.G.: Dislocation after primary arthroplasty for subcapital fracture of the hip. Wide range of movement is a risk factor. J Bone Joint Surg, 73-B, 1991, 11-12.

57 - ORTIGUERA C.J., PULLIAM I.T., CABANELA M.E.: Total hip arthroplasty for osteonecrosis. Matched-pair analysis of 188 hips with long-term follow-up. J Arthroplasty, 14, 1, 1999, 21-28.

58 - VOSBURG J.B., VOSBURG C.L.: Closed reduction for total hip arthroplasty dislocation. The Tulsa technique. J Arthroplasty, 10, 5, 1995, 693-694.

59 - FRIEDMAN R.J.: Displacement of an uncemented femoral component after dislocation of a total hip replacement. A case report. J Bone Joint Surg, 71-A, 9, October 89, 1406-1407.

60 - STAAL H.M., HEYLIGERS I.C., Van Der SLUIJS J.A.: Stem displacement during reduction of a dislocated cemented total hip arthroplasty with a polished tapered stem. J Arthroplasty, 15, 7, 2000, 944-946.

61 - CORDES J., SPERLING K., KRAMHOFT M.: Displacement of femoral stem during closed reduction of total hip arthroplasty. Hip International, 7, 3, 1997, 125-127.

62 - GRIGORIS P, GRECULA M.J., AMSTUTZ H.C. : Dislocation of a total hip arthroplasty caused by iliopsoas tendon displacement. Clin Orthop, 306, 1994, 132-135.

63 - DALY P.J., MORREY B.F.: Operative correction of an unstable total hip arthroplasty. J Bone Joint Surg, 74-A, 1992, 1334-1343.

64 - WATSON P., NIXON J.R., MOLLAN R.A.B.: A prosthesis augmentation device for the prevention of recurrent hip dislocation. A preliminary report. Clin Orthop, 267, 1991, 79-84.

65 - GÜNGÖR T., HALLIN G.: Cup re-enforcement for recurrent dislocation after hip replacement. J Bone Joint Surg, 72-B, 3, 1990, 525.

66 - EKELUND A.: Trochanteric osteotomy for recurrent dislocation of total hip arthroplasty. J Arthroplasty, 8, 6, 1993, 629-632.

67 - GOETZ D.D., CAPELLO W.N, CALLAGHAN J.J., BROWN T.D., JOHNSTON R.C.: Salvage of a recurrently dislocating total hip prosthesis with use of a constrained acetabular component. A retrospective analysis of fifty-six cases. J Bone Joint Surg, 80-A, 4, 1998, 502-509.

68 - ANDERSON M.J., MURRAY W.R., SKINNER H.B.: Constrained acetabular components. J Arthroplasty, 9, 1, 1994, 17-23.

69 - KAPER B.P., BERNINI P.M.: Failure of a constrained acetabular prosthesis of a total hip arthroplasty. A report of four cases. J Bone Joint Surg, 80-A, 4, 1998, 561-565.

70 - PARVIZI J., MORREY B.F.: Bipolar hip arthroplasty as a salvage treatment for instability of the hip. J Bone Joint Surg, 82-A, 2000, 1132-1139.

71 - GRIGORIS P., GRECULA M.J., AMSTUTZ H.C.: Tripolar hip replacement for recurrent prosthetic dislocation. Clin Orthop, 304, 1994, 148-155.

72 - LECLERCQ S., EL BLIDI S, AUBRIOT J.H.: Traitement de la luxation récidivante de prothèse totale de hanche par le cotyle de Bousquet. A propos de 13 cas. Rev Chir Orthop, 81, 1995, 389-394.

73 - LECLERCQ S., LEMARECHAL P., MENGUY F., AUBRIOT J.H.: Traitement de la luxation récidivante de prothèse totale de hanche par la cupule de Bousquet. Rev Chir Orthop, 85 (Suppl III), 1999, 111.

74 - CLOUGH T.M., HODGKINSON J.P.: Two-stage revision with pseudocapsular resection for recurrent dislocation of total hip prostheses. J Arthroplasty, 15, 8, 2000, 1017-1019.

75 - MURRAY D.W.: Impingement and loosening of the long posterior wall acetabular implant. J Bone Joint Surg, 74-B, 1992, 377-379.

76 - KRUSHELL R.J., BURKE D.W., HARRIS W.H.: Elevated-rim acetabular components. Effect on range of motion and stability in total hip arthroplasty. J Arthroplasty, 6 (Suppl), 1991, S53-S58.

77 - COBB T.K., MORREY B.F., ILSTRUP D.M.: The elevated-rim acetabular liner in total hip arthroplasty: relationship to postoperative dislocation. J Bone Joint Surg, 78-A, 1996, 80-86.

78 - COBB T.K., MORREY B.F., ILSTRUP D.M.: Effect of the elevated-rim acetabular liner on loosening after total hip arthroplasty. J Bone Joint Surg, 79-A, 9, 1997, 1361-1364.

79 - NOURRISSAT C., ADREY J., BERTAUX D., GOALARD C.: Pour ou contre l'insert à rebord dans la prothèse de hanche. Rev Chir Orthop, 85 (Suppl III), 1999, 121.

80 - MIKI H., MASUHARA K.: Arthrographic examination of the pseudocapsule of the hip after posterior dislocation of total hip arthroplasty. Intern Orthop, 24, 2000, 256-259.

81 - SCOTT R.D. : Posterior capsulorrhaphy for hip stabilization. 12th Annual Current Concepts in joint replacement proceedings, December 12-14, 1996, Orlando, Florida, 87.

82 - PELLICI P.M., BOSTROM M., POSS R. : Posterior approach to total hip replacement using enhanced posterior soft tissue repair. Clin Orthop, 355, 1998, 224-228.

83 - CHIU F-Y., CHEN C-M., CHUNG T-Y., LO W.H., CHEN T-H.: The effect of posterior capsulorrhaphy in primary total hip arthroplasty. A prospective randomized study. J Arthroplasty, 15, 2, 2000, 194-199.

84 - De BUTTET M., PASQUIER G.: Capsular closure to prevent posterior dislocation after primary total hip arthroplasty through the posterior approach. Hip Intern, 9, 4, 1999, 186-193.

85 - KO C.K., LAW S.W., CHIU K.H.: Enhanced soft tissue repair using locking loop stitch after posterior approach for hip hemiarthroplasty. J Arthroplasty, 16, 2, 2001, 207-211.

86 - MALLORY T.H., LOMBARDI A.V., FADA R.A., HERRINGTON S.M., EBERLE R.W.: Dislocation after total hip arthroplasty using the anterolateral abductor split approach. Clin Orthop, 358, 1999, 166-172.

87 - BECK M., SLEDGE J.B., GAUTIER E., DORA C.F., GANZ R.: The anatomy and function of the gluteus minimus muscle. J Bone Joint Surg, 82-B, 2000, 358-363.

88 - McCOLLUM D.E., GRAY W.J.: Dislocation after total hip arthroplasty. causes and prevention. Clin Orthop, 261, 1990, 159-170.

89 - DIGIOIA A.M., JARAMAZ B, BLACKWELL M., et al.: Image guided navigation system to measure intraoperatively acetabular implant alignment. Clin Orthop, 355, 1998, 8-22.