En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour la bonne gestion de votre compte et de vos abonnements.

Extrait de l'atlas du traité des fractures et des luxations - Planche XXX : Luxations des os du pied

Paru dans le numéro N°133 - April 2004
Article consulté 817 fois

Extrait de l'atlas du traité des fractures et des luxations - Planche XXX : Luxations des os du pied

Par J.-F. Malgaigne dans la catégorie ANATOMIE
Professeur de médecine opératoire à la Faculté de Médecine de Paris Chirurgien de l'Hôpital Saint Louis, membre de l'Académie Impériale de Médecine Officier de la Légion d'Honneur

Luxation récente du tibia en dedans. Cette pièce provient d’un homme qui succomba au bout de quelques jours. La luxation était compliquée de plaie. On aperçoit en outre une fracture multiple de la partie inférieure du péroné et une fracture transversale de la malléole interne. Le reste de la malléole fait une saillie considérable en dedans et aussi en arrière, la pointe du pied étant très-fortement tournée en dehors ;

Planche XXX : Luxations des os du pied

Fig. 1 -- Luxation récente du tibia en dedans. Cette pièce provient d’un homme qui succomba au bout de quelques jours. La luxation était compliquée de plaie. On aperçoit en outre une fracture multiple de la partie inférieure du péroné et une fracture transversale de la malléole interne. Le reste de la malléole fait une saillie considérable en dedans et aussi en arrière, la pointe du pied étant très-fortement tournée en dehors ; la plante du pied n’était pas sensiblement renversée. Il faut noter aussi que, malgré la saillie de la malléole, le tibia est bien loin d’avoir complètement quitté l’astragale.

Fig. 2 -- Luxation ancienne du tibia en dedans (Musée Dupuytren, n° 705). La luxation n’a pas été réduite ; le péroné s’est consolidé dans une position vicieuse, les deux fragments faisant en dehors un angle rentrant, ce que Dupuytren appelait le coup de hache ; et il y a eu soudure du tibia, du péroné et de l’astragale. La plante du pied, autant qu’on peut en juger, devait regarder à peu près directement en bas ; mais cela peut tenir au traitement. De même, la pointe du pied devait avoir gardé ou repris sa direction naturelle. Je ferai remarquer ici, comme pour la figure précédente, que la luxation est incomplète, une grande partie du tibia reposant encore sur l’astragale.

Fig. 3 -- Luxation incomplète de l’astragale en dedans et en avant (Musée Dupuytren, n° 762). C’était la prétendue luxation de l’astragale sur le scaphoïde, que M. Roux essaya vainement de réduire. L’autopsie, faite par M. Nélaton, montra l’astragale luxé sur le scaphoïde et le calcanéum à la fois. En se déplaçant, l’os s’est porté en dedans et un peu en avant, de sorte que sa tête repose sur la face interne du scaphoïde, la rainure de son col recevant le rebord tranchant de la cavité scaphoïdienne.
M. Nélaton a donné une description succincte de cette pièce, Bulletins de la Société anatomique, 1835, p. 38, et j’en ai reproduit les traits essentiels, t. II, P. 1040.

Fig. 4 -- Luxation double de l’astragale en dehors du scaphoïde et du calcanéum, et en avant du tibia. La pièce est arrivée entre mes mains sans aucun renseignement sur son origine ; seulement la soudure du tibia avec l’astragale et de celui-ci avec le calcanéum accusait déjà une date ancienne, et ceci était mieux attesté encore par l’état des os, huileux, ramollis, friables à ce point que la pièce, placée dans un coffre avec d’autres pièces anatomiques, a été écrasée, heureusement après que j’en avait fait prendre le dessin. Ce ramollissement excessif indiquait assez, si je ne me trompe, que la marche n’avait jamais pu se faire sur ce pied.
Le dessin montre le tibia et le péroné de face ; presque toute la poulie articulaire de l’astragale projetée en avant des deux os, la tête de l’astragale luxée en haut et en dehors sur le cuboïde ; et plus en dehors et en arrière, s’aperçoit en a l’angle externe où aboutit en dehors sa grande facette calcanienne, laquelle déborde ainsi le calcanéum, qui n’apparaît pas même sur la figure. Le pied est renversé de telle sorte que la plante regarde en dedans, et que le sujet eût marché sur on bord externe comme dans le pied-bot varus le plus prononcé.
Le calcanéum, projeté en dedans de l’astragale, avait son extrémité postérieure relevée en arrière, de manière à former un angle de 45 degrés avec l’horizon ; en conséquence, ses tubérosités inférieures étaient écartées du sol d’environ 3 centimètres. Enfin, il avait subi un certain degré de torsion en dedans, tel que sa tubérosité interne était relevée de 1 centimètre environ au-dessus du niveau de l’externe.
Il n’y avait eu de fracture ni du péroné ni du tibia, et ces deux os restés unis se trouvaient à peu près à la distance ordinaire du bord postérieur du calcanéum ; seulement le péroné avait perdu toute connexion avec cet os ; il fait conséquemment en dehors une très forte saillie, qui bien plus considérable encore quand on regardait la pièce par sa face postérieure. En effet, le tibia seul était en contact avec le dos du calcanéum par ses deux tiers internes ; son tiers externe, libre en dehors, accroissait d’autant la saillie du péroné.

Fig. 5 -- Luxation de l’astragale par renversement en dehors. Cette pièce est venue entre mes mains sans renseignements antérieurs. La luxation était d’ailleurs d’assez vieille date, puisque l’astragale est soudée au calcanéum. L’état des os paraît indiquer que la marche pouvait se faire sur ce pied ; mais le sujet n’appuyait que sur le bord externe du pied, le bord interne étant fortement relevé et les orteils portés en dedans, comme dans le pied-bot varus. Le dessin n’a pas pu rendre cette disposition, que j’ai négligée pour montrer mieux les rapports de l’astragale. Ajoutez que la fracture du péroné paraît toute récente, et n’est assurément pas de la même date que la luxation.
Ce qui frappe d’abord, c’est la saillie de la tête astragalienne en avant et en dehors sur le cuboïde et le scaphoïde à la fois. Mais un déplacement plus curieux est celui du corps de l’astragale ; sa poulie, renversée en dehors, répond presque entièrement à la facette interne du péroné, et la facette astragalienne interne se trouve sous la mortaise tibiale. Le renversement n’est pas cependant tout à fait d’un quart de cercle ; car on aperçoit encore en dehors une portion de la facette externe de l’astragale à peine en contact avec la pointe de la malléole péronière et regardant en bas et en dehors à la fois. Voyez t. II, p. 1062 et 1063.